Adeline Rémy
Chargée de mission seniors à La Chapelle-sur-Erdre
Entretien réalisé en mai 2026
Bonjour ! Pourriez-vous vous présenter, nous parler de votre métier et de votre parcours ; ce qui vous plaît dans votre activité ?
Bonjour, je m’appelle Adeline Rémy et je suis chargée de mission seniors à La Chapelle-sur-Erdre depuis 2022.
J’ai d’abord obtenu un master en intervention sociale en 2007, puis j’ai intégré le département de Loire-Atlantique, où j’ai occupé trois postes différents : d’abord à la direction de l’autonomie, puis au service personnes âgées et personnes handicapées de la délégation de Saint-Nazaire, et enfin un poste d’agent de développement à la délégation de Nantes.
À La Chapelle-sur-Erdre, mon poste comprend notamment le pilotage de la démarche « Ville amie des aînés ». Il s’agit d’une démarche participative, qui s’appuie sur la participation des habitants, des partenaires, des services de la ville, et dont l’objectif est d’aider les villes à anticiper les enjeux du vieillissement dans plusieurs domaines de la vie quotidienne : habitat, accessibilité, mobilité, lien social, préservation de l’autonomie… Concrètement, il s’agit d’aider les aînés à préserver leur autonomie dans la ville le plus longtemps possible.
Parallèlement à cette démarche, je suis également en charge des actions collectives portées par la ville en lien avec ses partenaires : ateliers mémoire, programme à destination des aidants, organisation des Rendez-vous d’automne, par exemple.
Ce qui me plaît dans mon activité, c’est d’abord le lien avec les partenaires du territoire : les associations avec lesquelles je travaille, les établissements, la métropole… mais aussi le lien avec les services internes de la ville.
J’apprécie également la réflexion que nous menons avec l’équipe municipale, à la fois sur les actions en cours et sur celles à venir, afin de préparer la ville aux enjeux de demain. Je trouve toutes ces réflexions très enrichissantes.
Aujourd’hui, un français sur cinq est âgé de 65 ans ou plus et ce chiffre va continuer de croître. Selon vous, quels sont les besoins des seniors actuels et futurs ?
Je pense que les collectivités sont confrontées à plusieurs enjeux. En effet, la population vieillit et les personnes âgées souhaitent rester le plus longtemps possible chez elles.
Ce qui ressort du diagnostic de la démarche « Ville amie des aînés », c’est la volonté de préserver son autonomie à domicile le plus longtemps possible et de pouvoir choisir son lieu de vie.
Le défi est donc de faire connaître aux personnes de 60 ans et plus les différents dispositifs, les ressources du territoire, les aides financières et les partenaires susceptibles de les aider dans leurs choix d’habitat. Cette connaissance permet d’être acteur et de ne pas subir un habitat inadapté lorsqu’une perte d’autonomie commence à s’installer.
Un autre besoin qui revient régulièrement, c’est la proximité des services : pouvoir faire ses courses, se déplacer à pied ou en transports en commun, accéder au transport à la demande, aux soins… Enfin, entretenir des liens sociaux de proximité est incontournable pour vieillir dans de bonnes conditions : ne pas être isolé, bénéficier d’entraide — c’est tout aussi important que d’être bien dans son logement.
Et de votre point de vue, en lien avec votre domaine d’activité, quels sont les bénéfices et/ou intérêts de la colocation entre seniors ?
Je pense que le fait d’être plusieurs sous le même toit permet de lutter contre le sentiment d’isolement. Entretenir des relations au quotidien, se lever en sachant qu’il y a quelqu’un à proximité : cela peut aider à se sentir moins seul. Je pense également qu’il peut y avoir des échanges de savoir-faire — informatique, jardinage, cuisine… — mais aussi des échanges de petits services au quotidien, pour s’entraider.
Quels sont les mots qui vous viennent à l’esprit lorsque je vous dis « colocation seniors » ?
Soutien mutuelle – solidarité – lutte contre l’isolement.
Enfin, une question bonus pour clôturer cet entretien sur une note plus « humoristique » : pourriez-vous constituer votre groupe de colocataires idéal, que les personnes soient célèbres ou non, vivantes ou mortes ? Laissez libre cours à votre imagination.
Au début, j’imaginais une colocation composée de personnalités différentes, de savoir-faire complémentaires : une personne qui aime les plantes, une autre la cuisine, une autre encore qui aime bricoler, et peut-être une autre qui aime sourire et rire. Puis, finalement, je me suis dit qu’on n’avait peut-être pas besoin de tout cela, mais uniquement de l’envie d’être ensemble, de partager simplement des moments du quotidien. Je me dis qu’avoir cette envie de simplicité, cette envie d’être ensemble, est déjà un bon début.